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Les Maisons de Tisserand
 

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Nature


Les Maisons de Tisserand

Datant des XVIIème et XVIIIème siècles ce sont de véritables témoins du commerce du lin dans la région.

Les Maisons de Tisserand (ou maisons anglaises) étaient autrefois nombreuses sur la commune de Plounéour-Ménez. Vous pouvez aujourd’hui encore en apercevoir dans les villages, au gré de vos balades. Elles restent cependant des propriétés privées.

Les Kanndis ou "maisons à buée", servaient au travail du lin.

Ces bâtisses, simples de construction, ressemblaient à de petites maisons, avec une cheminée à l’un des pignons, une ou deux portes et parfois des fenêtre. Couvertes d’ardoises, ces buanderies ne disposaient le plus souvent que d’un niveau.
Le lin, rouit dans un douet, était foulé dans d’immenses auges en granit disposées à l’autre pignon, près de la cheminée.
Quelques uns de ces kanndis, en cours de rénovation, sont encore visibles sur la commune.

Les XVIème et XVIIème siècles furent l’époque des grands commerces entre la Bretagne et l’Angleterre, la Hollande, l’Espagne et l’Amérique Latine, en particulier pour le lin.
Les marchands toiliers prennent alors le devant de la scène et constituent l’élite sociale de la région : les "julots" (à l’imitation des marchands Hollandais de Morlaix, les "Julius").

Parmi les causes de développement de cette élite on retrouve, bien entendu, l’aisance matérielle apportée par le tissage et le commerce du lin, mais également l’absence d’intérêt portée par la noblesse à la vie locale. En effet, les nobles résidaient beaucoup à la cour royale sur les bords de la Loire puis dans la région parisienne.

Cette bourgeoisie rurale de marchands joua un rôle prépondérant dans les "Conseils de Fabrique". C’était le temps de la Renaissance Bretonne : les "Julots" avaient reconstruit les église et il restait à les embellir (chaire à prêcher, orgues, retables, croix, calvaires, portes monumentales, bannières). Il régnait dans ce domaine également un esprit de compétition ; leur zèle architectural nous a laissé les nombreux enclos paroissiaux. Dans le même temps, les marchands toiliers améliorèrent leurs demeures et leurs conditions de travail. Il y eu alors éclosion de ses maisons à porche surélevé. La surenchère aidant, certaines prirent une si belle apparence qu’elles furent appelées "manoir".

Malgré les ruines et les démolitions, on découvre encore de nombreuses maisons à porche, souvent cachée dans l’enchevêtrement des bâtiments ruraux édifiés au cours des temps.

L’appelation "Maisons anglaises" (Ti Soazon) peut paraître surprenante ; les différents documents consultés ne nous offrent que des hypothèses d’explication :

  • La première fut émise par un anglais spécialiste des maisons bretonnes qui soutenait que le paysan breton, pour expliquer quelque chose d’un peu exotique ou de bien bâti prétendait qu’il sagissait d’un "bâti anglais".
  • La seconde est fondée sur un rapport de Colbertde Crossy en 1665. Les marchands de toile anglais étaient nombreux à Morlaix. Ils y faisaient venir leurs enfants pour apprendre le français et le breton. La ville, ne pouvant loger tout ce monde, les anglais eurent recours à l’hospitalité des fabriquants, leurs clients.
  • La troisième fait appel à la linguistique et résulterait d’une confusion "Ti Soazon" et "Ti Sochenn", sochenn signifiant alors : associé dans une même fournée (notion de famille). En effet, en plusieurs cas, des maisons à porche ont été construites dans un village, en même temps, dans le cadre d’une même famille. L’appellation résulterait de cette communauté de vie.


Référence : Revue "Avel ar Menez" N°3 - Dec 1989